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Nous ne voulons pas de leurs dettes

Mis à jour : 18 avr. 2020

Les ministres des finances de la zone euro se sont mis d’accord sur les mécanismes financiers pour faire face à la crise économiques qui risque de se produire. Cet accord est historique : à la fois par son montant, mais aussi parce qu’il constitue un accroc à leurs dogmes budgétaires. Mais la fin de l’histoire n’est pas encore écrite



Quelles crises ?

La crise économique n’aura pas pour origine la crise sanitaire que nous traversons. Faire le lien serait de nouveau nous faire croire que le raisonnement capitaliste est le seul capable de comprendre l’économie réelle. Il n’en est rien : la crise sanitaire que nous traversons est causée par l’émergence d’un virus dont les êtres humains doivent se protéger. Pour l’instant le mode le plus efficace est de réduire les risques de propagation par les contacts physiques. Cette solution est venue contrarier le processus économique capitaliste qui veut toujours plus d’échanges marchands afin d’en tirer des profits.


Cette crise sanitaire a été aggravée par cette même logique qui considérait que la santé publique n’était pas un secteur économique dans lequel on pouvait faire des profits. Soigner pouvait être rentable sous certaines conditions mais prévenir les risques de maladie ne l’était pas car la santé n’est pas une marchandise. De la même façon on peut faire des profits sur la sécurité mais pas sur la paix.



Quelles politiques monétaires ?

Demain il est à craindre que l’on nous explique que les garanties financières mises en place devront être remboursées par des mesures d’austérité sur les politiques publiques. Là aussi ce serait nous faire croire que la logique monétaire capitaliste est la seule qui existe.


En effet la monnaie est un outil qui permet de formaliser certaines reconnaissances sociales dans des processus d’échanges. Cet outil est, par exemple, inapproprié pour mesurer la quantité et la qualité des masques à fabriquer pour équiper efficacement les personnels soignants ; ou à évaluer la quantité de travail socialement nécessaire pour mettre au point un vaccin.


Dans le système capitaliste, la monnaie sert, entre autre, à échanger avec les salariés cette quantité de travail, elle sert aussi à échanger entre capitalistes les droits de propriété sur les moyens de production existants. Elle sert, surtout ces dernières décennies, à s’approprier des droits de décider des orientations économiques de la planète. Les marchés financiers ne servent pas à payer le travail créateur de richesses, ils servent à orienter les activités économiques dans les secteurs où les capitalistes y trouvent leurs intérêts.



Une autre logique pour l’après

Tous ces rôles de la monnaie ne sont pas naturels : ils sont le fruit de choix politiques. Aujourd’hui on pourrait décider que cette création de monnaie serve à préserver les capacités de travail des salariés ou à reconnaitre le travail socialement nécessaire pour développer des productions dans des secteurs qui ont été considérés par les capitalistes non rentable, mais qui sont utiles à l’ensemble de l’humanité. Ainsi la santé, l’agriculture respectueuse de l’environnement, le transport ferroviaire…


Une fois ces activités stabilisées, la reconnaissance sociale sera la réponse efficace aux besoins fondamentaux, et l’on pourra détruire la monnaie ainsi créée. Cette monnaie n’étant donc qu’un artifice conjoncturel, et n’appartenant à personne. Il faudra pour cela que cet argent ne transite pas par les marchés financiers car ils ne voudront rien changer aux règles actuelles. Ils la considéreront comme de la dette que les États doivent rembourser.


Cette bataille politique ne se fera sans difficulté. Demander aux capitalistes de renoncer à leur reconnaissance sociale : ils ne le feront pas spontanément. La lutte contre l’esclavage a été de cette nature.


G.M.

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