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Mais où est passée l’Union Européenne ?

Alors que la pandémie du COvid19 fait rage sur tout le continent, un acteur manque cruellement à l’appel : l’Union Européenne. A l’heure où tous les médias, experts et gouvernements ressassent la nécessaire « distanciation sociale », l’UE semble inventer une nouvelle doctrine pour son action : la distanciation politique.



L’Europe du chacun pour soi

Ces dernières semaines ont vu les Etats se débattre bien seuls, isolés, face à la crise sanitaire. On nous a rabattu les oreilles pendant des mois, l’année dernière, à l’occasion des élections européennes, sur le besoin d’une Europe forte, d’une Europe solidaire. En France, tous les discours nous posaient comme seule alternative de choisir entre les pro-européens, modernes et démocrates pour une Europe unie, et les « antis », les nationalises, mettent dans le même sac extrême-droite et extrême-gauche. La droite et les macronistes tapaient sur tous ceux qui osaient critiquer l’UE, y compris les partis de gauche, PCF et FI en tête, qui réclamaient d’urgence une autre Europe, une Europe sociale, solidaire, humaniste, une Europe des peuples et pas de la finance.

Et qu’observe-t-on un an plus tard ? Le Covid19 frappe de plein fouet les pays européens, du Nord au Sud, et aucune action d’envergure, de coordination, de soutien, de lutte commune. Aucune politique de santé publique partagée par les 27 Etats membres.

Devant le virus, c’est sauve qui peut !

Ici les frontières sont fermées, là elles restent ouvertes. Ici on se confine plus ou moins fortement, là on dépiste massivement sans confiner. Ici toutes les entreprises sont à l’arrêt, là on incite vivement les salarié.e.s à aller au charbon, caissier.e.s, ouvrier.e.s, éboueurs.euses, agent.e.s publiques. Aucune harmonisation pour les travailleuses et les travailleurs, aucune trace même de réflexion convergente à l’échelle européenne.

L’U.E semble regarder l’Italie et l’Espagne se débattre, gérer leurs malades, compter leurs morts. Pire, dans un silence assourdissant de Burxelles, la Grèce continue de se débrouiller avec l’afflux massif de migrants et de réfugiés sur ses côtes, conduisant inévitablement à des drames humains sans nom : des migrants meurent sous les balles de la police et de l’armée.

Même l’Europe économique et financière, l’unique boussole des dirigeants, est à la ramasse. La BCE tergiverse, tâtonne, hésite, les Présidents et chefs de gouvernement s’avèrent bien incapables de trouver le moindre accord pour agir vite devant l’urgence.


Après l’urgence sanitaire, l’urgence sociale

Tout cela est loin d’être rassurant, car si l’Europe va s’en sortir, à n’en pas douter, reste à savoir dans quel état. Comment imaginer, quand on voit l’inconsistance du rôle de l’UE dans la gestion de la pandémie, sa capacité à assumer les crises à venir ?

Nous le savons, l’effondrement des systèmes de production et les difficultés des puissances publiques vont laisser des traces. Chômage, pauvreté, isolement, précarisation économique et sociale. Nous voyons déjà en France les conséquences sociales, psychologiques, comportementales, énormes générées par l’épidémie et le confinement. Il est certain que les impacts à l’échelle européenne vont être majeurs. Sans changement radical de politique de l’UE, les conséquences en chaîne vont être plus terribles encore.


L’exemple espagnol

Dans ce contexte d’incertitude, les choix forts, même limités, du gouvernement espagnol sous l’impulsion d’une partie de la gauche au pouvoir, sont une lueur d’espoir. Ils doivent montrer le chemin.



Tourner le dos aux cures austéritaires et à la règle stérile des 3% de déficit public,

Refuser l’investissement public massif pour les entreprises sans contreparties alors que nombre des multinationales continuent de distribuer allègrement à leurs actionnaires des dividendes dont le motnant n’a jamais été aussi élevé,

Interdire les licenciements quand les Etats instaurent des procédures de chômage partiel,

Obliger les entreprises à garantir leur part de maintien de salaires pour tou.te.s etc.

Bref, pour l’UE, voilà autant d’enjeux d’une ampleur et d’une urgence inédites qu’elle doit prendre en charge à son échelle.

Il faut changer de stratégie économique en sortant de la course au profit, des délocalisations à outrance, et en s’engageant pleinement pour une économie au service des humains et de l’environnement. Par ce que l’UE est avant tout ce qu’en font les 27 Etats membres et leurs gouvernements, il faut surtout urgemment changer de dirigeants en France et en Europe.

Y.G.

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