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  • nobesc

Crise sanitaire ou état de « guerre » ?

Mis à jour : 29 mars 2020

Les mots ont un sens. Et lorsque Emmanuel Macron nous assène à plusieurs reprises dans sa dernière allocution « nous sommes en guerre ! », « nous sommes en guerre ! », « nous sommes en guerre ! », il a forcément une idée derrière la tête. Cette idée est en train de se révéler. Car déclarer l’état de « guerre » plutôt qu’un état de « catastrophe sanitaire » permet de s’orienter vers des réponses autoritaires et sacrificielles.


C’est le sens des premières mesures présentées en fin de semaine au Sénat : suspendre des mesures du code du travail pour un nombre indéterminé de professions, entreprises ou secteurs d’activité.


Concrètement, les employeurs pourraient unilatéralement décider d’imposer des prises de congés dans le cadre du confinement en cours, à la place du chômage partiel. Les organismes protecteurs des salarié.e.s tels que les CHSCT (CIE) seraient suspendus de même que la durée quotidienne ou hebdomadaire du travail. Certaines de ces dispositions pourraient se justifier sur la durée de la crise et dans des cas précis. Mais pourquoi le gouvernement propose-t-il des mesures générales et sans durée limite ?


Il y a fort à craindre qu’au contraire des propos du Président de la République, le choix de la majorité "En Marche" soit de faire supporter aux salarié.e.s et au fonctionnaires tout l’effort de la crise. Comme en 2008 lors de la crise des subprimes : Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, avait promis la fin du règne de l’argent roi et une grande réforme du système financier international. Il n’en a rien été sauf un règne de la terreur par l’austérité sur tous les peuples d’Europe.


Emmanuel Macron nous redit aujourd’hui qu’un autre futur et possible comme si, pour reprendre ses termes de décembre 2019 « nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies ». Mais derrière ce discours enchanteur se révèle les intentions du pouvoir dans les actes de ses ministres. A ceux qui perdent déjà temps comme les indépendants, intermittents, autoentrepreneurs, intérimaires, s’ajouteront ceux qui devront faire des sacrifices sur leurs salaires, leur temps de travail ou leur retraite.


Au contraire, réfléchir à déclarer une « catastrophe sanitaire » permet la mobilisation exceptionnelle des moyens de l’état mais sans suspendre la démocratie ou les droits protecteurs des salarié.e.s et des citoyen.ne.s.



Nous avons justement besoin de démocratie et de protections face au Coronavirus.

Nous avons besoin de débattre de ce système productif qui déclenche des catastrophes mondiales. Nous avons besoin de remettre en cause ce système responsable de la misère de millions de personnes. Nous devons en finir avec ces politiques qui paralysent nos services publics pour laisser la place au profit privés. Nous devons rehausser sans cesse le niveau de protection des salarié.e.s et des citoyen.ne.s face à l’arbitraire. Nous vivons une catastrophe sanitaire et sociale. Cela nécessite la mobilisation de toutes les intelligences pour en finir avec celle-ci et empêcher la suivante. Nous n’avons pas besoin d’être asservi.e.s comme un troupeau docile.


A Ivry-sur-Seine un élan de solidarité tisse des réseaux d’entraide entre voisins, soucieux des plus âgés et des plus fragiles.

C’est un élan déterminant pour ne pas en ajouter à la difficulté de la situation. Et cet élan doit pouvoir trouver ses prolongements. Pour que le confinement soit efficace il faut héberger en urgence toutes celles et ceux qui en ont besoin. Pour toutes celles et ceux qui bénéficient d’aide et de solidarité, la municipalité agit de façon résolue pour que les dispositifs associatifs soient prolongés via les maisons de quartiers. Cette mobilisation de citoyen.ne.s, d’élu.e.s et des personnels municipaux est à tous les égards exceptionnelle.


Nous devrons aussi en tirer les conclusions politiques. Cette exigence ivryenne d’un service public de qualité qui reconnaît les fonctionnaires dans leur travail et les usagers dans leurs droits est un choix politique attaqué de toute part. Nombreux sont ceux qui veulent encore raboter, rogner, réduire ou encore faire des moratoires.


Il faudra aller au bout de toutes les questions que soulève cette crise sanitaire pour que la lumière soit faite sur les choix et les responsabilités des gouvernements successifs... et qu’en pleine conscience, nous puissions décider de notre avenir.

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